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Maria Pognon,

une frondeuse à la tribune

Dominique Segalen

Editions Detras-aVs

Prix: 17 euros

ISBN : 978-2-916094-62-5

Après Marie Béquet de Vienne, Dominique Segalen poursuit par la relation de la vie d'une des féministes les plus célèbres de la fin du XIXe siècle. Les femmes alors ne votent pas, elles n'ont pas de droits civiques mais sont aussi privés de la plupart des droits civils. Elles travaillent mais ne sont pas représentées aux prudhommes par exemple. Seul l'homme a l'autorité parentale dans un couple et il n'est pas possible à une mère célibataire d'obliger un père à reconnaître son enfant, comme il ne lui est pas possible de choisir d'avoir ou non un enfant. Les femmes engagés dans les luttes syndicales ou politiques s'en prennent aux « féministes bourgeoises » voyant dans le socialisme ce qui leur permettra d'être les égales des hommes alors que les responsables de leurs organisations n'échappent pas aux mentalités du temps. Des chroniques des journaux donnent une idée des mentalités d'alors et des débats dans les assemblées de femmes. Nous y découvrons une femme élégante et ferme dans ses propos, à l'écoute des avis divergents mais qui ne lâche rien quant à ses propres idées qu'elle défend avec brio.

Du journal La Fronde, auquel elle participe et qui est dirigé par Marguerite Durand, aux congrès féministes, Dominique Segalen nous fait plonger dans les luttes de celles à qui nous devons tant, nous y découvrons leurs soutiens, leurs adversaires et la finesse de Maria Pognon face à ceux-ci. Elle est fustigée aussi bien pour son élégance que pour sa profession. Ne tient-elle pas une pension proche des Champs-Élysées ? Il se murmure que les demoiselles qui y résident... Et quelle idée abominable de faire un journal où ne sont employées que des femmes, hormis l'homme de ménage !

Nous y retrouvons les « hommes féministes », Viviani par exemple, et leur indispensable soutien pour légiférer mais aussi les discussions sur la nécessaire distance à prendre avec eux si les femmes veulent décider d'elles-mêmes de ce qui est urgent pour elles et de l'organisation de leur vie.

Maria Pognon fut l'une des fondatrices du Droit Humain fut aussi pacifiste. Elle ne compta ni son temps ni son argent pour faire entendre ses analyses et propositions ainsi que celles de ses amies (et parfois Sœurs) féministes. Ruinée, elle s'exila en Nouvelle Calédonie auprès de son fils, accompagnée de sa fille, fidèle soutien et continuatrice de sa lutte pour l'émancipation des femmes.Elle acheva son parcours en Australie, sans cesser jamais de lutter pour sa cause. Sa fille continua à lutter pour les droits des femmes en Australie.